THE 90'S

Pour ceux qui ne les ont pas connues, les années 90 apparaissent aujourd’hui comme une époque presque mythique, racontée avec enthousiasme par une génération qui semble avoir vécu “avant que tout ne change”. Elles furent peut-être le moment où l’humanité a trouvé son équilibre le plus juste. Une époque où la technologie existait sans encore dominer, où elle facilitait les échanges sans les remplacer.
Cette décennie n’était pourtant pas parfaite et l’avenir n’était pas garanti. Mais l’état d’esprit dominant était différent: l’idée de progrès n’inquiétait pas encore. La technologie fascinait sans envahir. Nos téléphones, loins de nous espionner nous permettaient tout juste d’appeler ou d’écrire trois mots et leur batterie tenait une semaine.
Sans smartphones ni tablette nous étions le plus souvent dehors et notre esprit redoublait de créativité pour trouver comment nous occuper, on inventait des jeux, on traînait sans but précis, on laissait le temps s’étirer. Les amitiés se construisaient dans la durée, sans notifications, sans urgence permanente. On se perdait parfois, mais on se retrouvait toujours.
La culture pop, héritée des 80’s semblait atteindre un équilibre rare: accessible sans être uniforme, massive sans être écrasante. La musique, le cinéma, la mode reflétaient cette liberté expérimentale propre aux périodes de transition. Tout semblait sincère, spontané, parfois maladroit, souvent audacieux. Les tendances naissaient sans algorithmes, portées par l’enthousiasme plus que par la stratégie.
Les années 90 ressemblent aujourd’hui à un sommet discret : le dernier instant où l’humain, la technologie et le temps coexistaient sans se heurter. Un pic de présence, de lien et de simplicité. Pas un âge d’or idéalisé, mais un moment rare où tout semblait encore respirer.
Si les années 90 reviennent aujourd’hui dans les discours, les images et les esthétiques, ce n’est pas seulement par nostalgie. C’est parce qu’elles incarnent une forme de simplicité perdue, un rapport plus sain au temps, à la technologie et aux autres. En les idéalisant parfois, on cherche surtout à se rappeler qu’un autre rythme a existé — et qu’il pourrait, peut-être, être réinventé.
LES ANNÉES 90 N'ÉTAIENT PAS UN AGE D'OR. ELLES ÉTAIENT UN ÉQUILIBRE FRAGILE, C'EST PRÉCISÉMENT CE QUI LES REND INOUBLIABLES.
